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À la fin de ce texte, on m'accusera sûrement d'anthropomorphisme. On me servira, encore une fois, la sérénade sur le rôle que la race canine attribue à l'humain dans sa meute... Je sais. J'ai tout lu sur le sujet mais, comme tous les amoureux des chiens, je sais qu'il n'y a pas que ça. Comme tous ceux qui savent, j'ai vu cette étincelle qui est supposée leur faire défaut à l'oeuvre quotidiennement.

Je ne vous donnerai pas de cours sur comment dresser un animal, ni le mode d'emploi du maître parfait, mais je vais vous raconter les péripéties d'un amour de chienne qui a accepté de partager sa vie avec nous, il y a déjà 12 ans maintenant. Vous en tirerez vos propres conclusions...

Trop petite pour les jouets de chiens. Cliquez pour aller sur le site montoutou.com

Pussy est née le 4 janvier 1989. Le jour où nous l'avons ramenée à la maison, elle n'avait pas encore un mois ; c'était le 3 février. Orpheline, elle avait rejoint l'animalerie dès l'âge de deux semaines. Ce fut mon fils qui la vit en premier. Elle était dans une pièce isolée servant à l'entreposage et attendait qu'on vienne patiemment s'occuper d'elle dans un aquarium.

Hé oui ! Au lieu des poissons auxquels on aurait pu s'attendre à y voir, c'était un tout petit chien qui en avait fait sa résidence. Une boule de poils minuscule qui semblait rouler par terre plus qu'elle  marchait. Un amour de chiot !

Ce jour là, nous avions fait halte à l'animalerie pour compléter les achats pour notre aquarium. Jamais l'idée de revenir avec un chiot ne nous avait effleuré l'esprit, car nous venions tout juste de perdre une autre chienne et la douleur était encore très vive.

Quand mon fils nous a demandé d'aller voir le petit bout de chien qui avait attiré son attention, nous avons d'abord hésité pour finalement céder à son désir. À peine avions nous posé les yeux sur elle que nous étions conquis. Un Poméranien!...Certains l'appellent Loulou de Poméranie ou Spitz... La race que je préfère entre toutes. Comment pouvais-je la laisser là après l'avoir tenue dans mes bras ... rectification ... dans ma main durant quelques minutes. Je regardai tour à tour mon mari, ma fille et mon fils, mais n'osai prononcer les mots magiques qui auraient lancé le débat devenu inévitable désormais. Je ne désirais pas être celle par qui tout est arrivé, même si mon désir était sans doute plus fort que les leurs à tous réunis. Malgré mes réticences et les supplications de mes deux enfants, je parvins quand même à cacher mon désarroi et je rendis la petite boule d'amour à la vendeuse qui semblait s'impatienter. Elle la remit dans l'aquarium et nous continuâmes nos achats, non sans jeter un oeil sur le bébé qui s'égosillait depuis que tous l'avaient abandonné. 

Je ne sais pas comment j'ai fait pour suivre mon mari quand il se dirigea vers la sortie sans un regard en arrière. Quelques minutes plus tard, nous étions assis tous les quatre à la table d'un casse-croûte dans un centre commerciale et nous discutions du chiot. Mes deux enfants et moi travaillions avec acharnement à convaincre leur père de ramener ce petit paquet d'amour à la maison. Après avoir combattu à trois contre un, nous passions aux choses sérieuses. Une longue discussion sur les obligations et les interdits entourant l'adoption décida du sort de la petite chienne qui ne s'attendait sûrement pas à nous voir revenir de si tôt.

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Quand nous sommes entrés dans l'animalerie, nous devions avoir l'air de complices. Nous étions prêts à tout, même à payer un prix exorbitant pour arriver à nos fins. Plus rien ne pouvait nous mettre de bâton dans les roues. Je flottais littéralement de bonheur quand mon époux annonça la raison de notre seconde visite à la vendeuse.

Mais nous n'étions pas préparés à la douche froide qu'elle nous servit. Selon elle, nous ne pouvions pas ramener la chienne avec nous parce qu'elle n'était pas assez âgée et qu'elle nécessitait des soins spéciaux. De plus, elle ne mangeait pas encore toute seule et nous serions dans l'obligation de lui faire téter sa nourriture sur le bout de nos doigts pour qu'elle parvienne à se nourrir.

Mon sang ne fit qu'un tour, mais je n'en montrai rien. S'imaginait-elle que je rechignerais à m'occuper de ce bébé ? Doutait-elle une seule seconde de ma volonté de tout faire pour ce petit bout de chou?

Elle nous avertit que la petite boule de poils était présentement malade donc qu'elle était trop fragile pour être amenée. Ces dernières paroles m'assommèrent presque. Dans un ultime effort pour nous décourager, elle nous prévint que les risques que le chiot ne survive pas plus que quelques jours étaient très présents et que nous serions sûrement très mécontents d'avoir payé la forte somme pour un animal non viable.

De quoi se mêlait-elle ? Et si nous voulions prendre le risque ?

Le découragement me gagnait. De toute évidence, cette femme ne voulait pas que nous devenions les heureux propriétaires de cet amour de chien. Je ne savais plus quels arguments lui servir. De plus, voyant que nous ne lâchions pas prise, elle avait appelé le propriétaire à la rescousse et celui-ci l'appuyait. J'en aurais pleuré si je ne m'étais pas retenue. Il fallait en convaincre deux à présent.

Je croyais la situation perdue quand mon mari dit au propriétaire que justement, puisqu'il croyait que le chiot ne survivrait pas, il avait une bonne occasion de le vendre avant que cela arrive. Le propriétaire nous regarda avec sérieux et après que nous ayons renoncé à une garantie sur la viabilité de l'animal, il accepta enfin de nous la vendre.

Je respirais enfin. Après avoir réglé le montant demandé, j'engouffrai la boule de poils dans mon manteau et remontai la fermeture-éclair. Nos yeux brillaient de joie, mais je crois que ce sont les miens qui irradiaient le plus. Rien ni personne ne pouvait plus m'enlever ce bébé chéri des bras. Après une heure de voiture à me faire griffer la poitrine, je déposais celle qui se nommait à présent Pussy sur le sol de la cuisine. 

Il y a de cela douze ans, mais quand j'y repense c'est comme si c'était hier. Je la revois glisser sur le sol de la cuisine après avoir pris son élan sur le tapis du salon. À peine tenait-elle debout dès qu'elle tentait de circuler ailleurs que sur un tapis.

Elle était si petite que ses premiers jouets étaient faits pour les chats ; les jouets pour chien étant trop volumineux pour sa petite gueule. Un amour de chiot ! Je ne peux la décrire autrement.

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Si petite et de si gros problèmes

 

Âgée d'un mois à peine. Cliquez pour aller sur le site cybertoutou

Nous sommes passés par toute la gamme des émotions avec Pussy. De santé fragile, nous avons souvent dû faire face à des situations d'urgence où sa vie ne tenait qu'à un fil. Déjà à son arrivée, elle souffrait de coccidiose et si nous n'avions pas consulté le vétérinaire rapidement, elle serait morte en moins d'une semaine  

Plus souvent que je l'aurai souhaité, j'ai cru sa dernière heure arrivée, que ce soit lorsqu'elle fut opérée pour un cancer à l'âge de deux ans ou quand des pierres dans la vessie ont commencé à lui faire connaître les pires tourments.

 Nous aurions bien aimé éviter ces épisodes d'angoisse qui nous font céder à la panique et dérangent nos horaires. Malgré cela, nous n'avons jamais regretté de l'avoir ramenée chez nous par cette froide soirée de février.

 

Maintenant, place au métamorphisme !

Incognito ! Cliquez pour aller sur le site de Maya

J'en aurais tant à raconter sur Pussy. Tant d'anecdotes, que je ne sais par où commencer. Tant de fois où cette petite cabotine nous a fait rire, nous a surpris ou nous a consolé. J'ai établi une liste de ce qui me revenait en mémoire avant de commencer mon récit, mais je crois que j'aurai de la difficulté à m'y restreindre quand les souvenirs fuseront. Pardonnez-moi donc si la suite vous semble confuse ; les souvenirs ne respecteront peut-être pas toujours l'ordre chronologique de leur arrivée.

Déjà toute petite, Pussy nous a plus d'une fois impressionné par son intelligence et sa soif insatiable d'apprendre. Je me souviens quand elle a appris à écaler seule les arachides. À cette époque, ma fille n'était âgée que de 6 ou 7 ans et avait de la difficulté à briser l'écale avec ses doigts. Donc, pour pallier à ce problème, elle la rompait avec ses dents et enlevait ensuite la petite pelure brune avant de manger l'arachide. Pussy qui raffolait déjà des arachides s'asseyait devant elle et attendait patiemment que ma fille lui fasse partager son casse-croûte. 

Des arachides et encore des arachides ! Cliquez pour des cartes de chiens de chez.com

Je ne sais plus combien de temps s'est écoulé entre la première fois où elle vu ma fille faire ce geste et le jour où elle a décidé de passer à l'action, mais certainement pas plus de quelques mois. Ce jour-là, ma fille était rassasiée d'arachides bien avant la chienne. Celle-ci insistait donc vigoureusement pour qu'elle continue quand même à briser les écales pour elle. Impatientée par tant d'insistance, ma fille versa ce qui restait d'arachides sur le tapis du salon en pensant que Pussy renoncerait, mais c'était mal connaître notre petit capricorne chéri. Il ne lui fallut que quelques secondes d'appréciation pour entreprendre de briser l'écale de la manière qu'elle avait si souvent observé. Elle y parvint du premier coup. C'était déjà tout un exploit pour une chienne d'à peine un an avec une aussi petite gueule, mais elle n'en resta pas là. Elle continua l'imitation des gestes de ma fille jusqu'à enlever la petite pelure qui entoure l'arachide. Pour ce faire, elle la roulait sur sa langue jusqu'à ce que la pelure se détache et la recrachait avant de manger l'arachide. Nous étions grandement impressionnés, mais surtout très amusés de la voir agir ainsi. Ma fille, quant à elle, était enchantée de constater qu'à l'avenir, elle serait délivrée de la corvée d'écaler les arachides de Pussy.

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Notre petite observatrice a continué d'écaler ses arachides sans l'aide de personne depuis ce temps. D'ailleurs, elle en a toujours près de son coussin et en grignote quelques-unes à chaque soir. Sa technique a quand même un peu changé depuis les cinq dernières années puisqu'elle ne prend plus la peine d'enlever la pelure et la mange avec l'arachide. Un peu de paresse sans doute apparut avec l’âge. Elle semble trouver tout naturel de faire ce geste. Mais n'allez pas croire qu'elle refuse un peu d'aide de temps en temps. Quand des amis viennent à la maison et qu'ils se montrent empressés auprès d'elle, la coquine apprécie fortement qu'ils lui montrent leur affection en écalant quelques arachides pour elle.

Comme vous le savez, les Poméraniens adorent manger. J'ai déjà lu quelque part que ceux-ci ne prenaient qu'un seul repas par jour. J'avoue que j'étais un peu gênée de lire ces mots jusqu'à ce que j'achève la phrase. L'auteur complétait en disant que ceux-ci commençaient à manger le matin et finissaient le soir ! J'ai beaucoup ri. C'est tout à fait Pussy. Une gourmande sans retenu. Quand elle n'aime pas un aliment et que nous en consommons souvent, elle décide qu'elle doit aimer ça et se contraint, coûte que coûte,  à en avaler jusqu'à ce qu'elle se fasse au goût. C'est vraiment le comble de la gourmandise.

Depuis les douze dernières années, Pussy nous a maintes fois prouvé que les chiens sont dotés d'une forme d'intelligence bien supérieure à ce qu'on tente de nous faire croire. Que ce soit lorsqu'elle me dit par son comportement si, oui ou non, quelqu'un a tenté de me joindre au téléphone durant mon absence ou quand elle me fait signe que oui, en dodelinant de la tête. Je ne peux nier ce dont je suis le témoin passif. Souvent, j'en ai eu le souffle et même les jambes coupés.

La première fois où elle m'a montré qu'elle savait dire oui, elle désirait venir en voiture. Nous avions passé la journée seules, elle et moi, et elle s'ennuyait. Devant m'absenter quelques minutes pour une course, je saisis mon trousseau de clefs. Elle se précipita aussitôt vers moi et se mit debout en s'appuyant sur ma jambe, me suppliant de l'amener.

J'étais vraiment très surprise, car ce comportement est inhabituel chez elle. Elle déteste aller en voiture et ne le demande jamais. Quand elle est en voiture, elle geint et se précipite d'une portière à l'autre durant tout le trajet. Ses seuls déplacements en automobile se limitent donc aux visites chez le vétérinaire. Alors, lorsque nous partons, elle ne tente jamais de nous accompagner et se dirige vers ma chambre où elle va dormir en nous attendant. Ce jour-là, je trouvais donc son comportement très étrange. Après avoir tenté de la rassurer du mieux que je pus, je lui demandai si elle voulait venir avec moi. Je me souviens de ce moment avec précision.

Elle avait lâché ma jambe et s'était assise devant moi. Quand je lui ai demandé si elle voulait m'accompagner, elle leva complètement le museau en l'air , dans un geste très lent et avec la même lenteur, redescendit son museau très bas vers le sol. J'étais abasourdie. J'en tombai assise sur la chaise la plus près. Je la regardai sans pouvoir parler durant quelques secondes. Elle me fixait intensément, comme si elle attendait de voir si j'avais bien saisi le message. Quand je fus capable de parler à nouveau, je la regardai bien droit dans les yeux et lui dis qu'elle était tellement gentille que je ne pouvais refuser de l'amener avec moi. Cette journée-là, elle ne s'est pas plainte et est restée assise bien droite sur le siège arrière comme si elle avait l'habitude d'agir ainsi. On aurait pu croire qu'après cet épisode, Pussy allait prendre goût aux ballades en voiture, mais non. Ce fut la seule fois où elle sembla apprécier le voyage. J'en ai déduis qu'elle avait tellement craint de demeurer seule, ce jour-là, qu'elle avait fait un effort ultime pour se contrôler. Mais je n'ai jamais oublié qu'elle m'avait montrée qu'elle savait imiter le langage gestuel des humains quand elle tenait vraiment à quelque chose.

Je pourrais vous raconter plusieurs anecdotes encore, mais je crois que celles-ci vous ont donné une bonne idée de ce dont Pussy est capable. Je voulais vous faire connaître une petite chienne extraordinaire et je crois que j'ai atteint mon but.

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Mise à jour

Pussy nous a quitté ce 12 octobre 2001. Elle aurait eu 13 ans le 4 janvier 2002. Nous avons tous eu beaucoup de peine et aujourd'hui encore j'ai de la difficulté à raconter ses derniers moments, mais ce récit aura sûrement une valeur thérapeutique, donc je me lance...

Sa dernière photo, prise en septembre. Cliquez pour aller sur le site doslark.com

La journée où elle nous a quitté fût très différente de toutes celles de la dernière année ; on aurait dit qu'elle avait rajeuni de cinq ans. Taquine comme lors de ses belles années, elle a demandé notre attention pour partager ses jeux tout au cours de l'après-midi. Plus surprenant encore, elle, qui souffrait d'incontinence depuis de nombreuses semaines ne s'était pas échappée une seule fois, sans notre intervention en plus, en ce vendredi. C'est vers dix-huit heures que tout a commencé à basculer. À 17 heures 50 ce soir là, elle a eu sa première crise de convulsions.

Elle mangeait quand ça s'est produit. C'est d'ailleurs cela qui nous a induit en erreur. Nous avons d'abord cru qu'elle s'était étouffée avec de la nourriture et nous sommes précipités à son secours en lui massant la gorge. Au bout de quelques secondes, tout est rentré dans l'ordre et elle s'est relevée. Elle était affaiblie et avait de la difficulté à marcher et à garder son équilibre, mais tout semblait revenir à la normale. Je lui ai quand même enlevé son bol jusqu'à ce que nous prenions nous même notre repas vers 19 heures 30. Convaincue qu'elle avait été victime d'un étouffement, j'avais décidé qu'elle aurait le reste de son repas seulement quand je pourrais la surveiller de près. 

Comme à son habitude, elle est revenue manger près de ma chaise. Elle n'avait pas retrouvé son entrain, mais marchait normalement. J'achevais mon repas quand une nouvelle crise la cloua au plancher pour une deuxième fois. Cette fois-ci, la crise dura plus longtemps que la première. Je sautai sur le téléphone pour appeler le vétérinaire et lui expliquai les symptômes dont j'étais témoin. C'est lui qui me dit que cela lui faisait penser à des crises d'épilepsie (des convulsions). Surprise, je lui soumis l'hypothèse qu'elle s'était peut-être étouffée avec de la nourriture puisque c'était son occupation lors des deux crises, mais il me dit que d'après ce que je lui décrivais : salivation abondante et pattes qui bougent sans arrêt sans qu'elle puisse se relever, il était presque sûr qu'il s'agissait d'épisodes épileptiques. J'ai insisté pour qu'il la voit en urgence. 

Dix minutes plus tard, nous étions à la porte de la clinique. Pussy avait repris ses esprits et, comme elle nous y avait habitué, coopéra du mieux qu'elle pu à l'examen auquel le vétérinaire la soumis. Ne trouvant aucune autre cause que celle dont il nous avait fait part, il nous expliqua qu'une médication prise à chaque jour jusqu'à la fin de sa vie serait nécessaire pour éliminer ces crises. Il venait d'ailleurs de me remettre le médicament en question pour que je lui administre à la maison quand elle eu sa troisième crise. Il était 20 heures 45 environ. Cette crise confirma son diagnostic. Il nous précisa que celles-ci étaient peut-être dues à des dommages au cerveau. 

Dès qu'elle se sentie mieux, nous rentrâmes à la maison tous les trois. Nous croyions que dès qu'elle aurait pris son médicament, elle irait dormir et récupérerait lentement, mais les dommages étaient déjà faits. De vingt et une heures à vingt-trois heures, son état s'est rapidement détérioré. Elle marchait sans arrêt et haletait fortement. Nous avons constaté que quelque chose n'allait pas quand elle commença à se prendre dans les meubles et à marcher dans ses plats. À vingt et une heures, elle pouvait encore boire si je la maintenais fermement pour qu'elle reste au-dessus de son plat, mais à vingt-trois heures, je devais la faire boire dans ma main car elle ne semblait plus savoir que l'eau se trouvait vers le sol. Elle léchait dans l'air en cherchant, la tête levée. Je crois qu'elle avait aussi perdu la vue à cette heure-là. Nous avons rappelé le vétérinaire et sommes retournés à la clinique sans plus attendre ; mon bébé d'amour bien enveloppé dans une grande serviette qui empêchait l'eau, la salive et l'urine dont son pelage était maintenant couvert d'imprégner mes vêtements. À 23 heures quinze, Pussy nous quittait sans que nous ayons eu le choix de vivre avec les crises qui auraient sûrement accompagné son quotidien au cours des mois suivants. Une hémorragie cérébrale, due à son âge, semble être l'hypothèse la plus plausible pour expliquer ces crises, mais nous n'avons pas demandé d'autopsie.

Elle me manque ... Plusieurs fois par jour, je crois l'entendre, la voir, la percevoir. Je souffre de son absence, mais je sais que ma grande amie était très malheureuse et surtout terrifiée de ce qui lui arrivait durant les dernières heures de sa vie et que nous n'avons pas eu le choix d'agir.

Lors de la première visite, le vétérinaire m'avait un mis un baume sur le coeur en nous disant que la plupart du temps, les animaux (et les humains) tombaient dans un coma plus ou moins profond lors de ce genre de crises. Cela m'avait rassurée et je me disais qu'au moins, elle n'avait pas peur, mais après avoir été témoin, lui-même, de  la troisième crise,  il nous dit qu'elle avait toute sa conscience car elle suivait nos mouvements des yeux. Pauvre chérie ! Que d'épreuves pour un si petit chien.

Pussy restera toujours dans ma mémoire et dans mon coeur. Je t'aime Pussy où que tu sois.

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